Carrières

La région de la Vallée du Geer

La région de la Vallée du Geer, et en particulier la montagne Saint-Pierre, est un joyau écologique et géologique. Elle est caractérisée par des formations géologiques uniques, des pelouses calcaires et une grande variété d’espèces animales et végétales. Les pelouses calcaires constituent un habitat naturel rare pour les plantes et les arbustes, qui offrent également des habitats pour de nombreuses espèces animales, dont certaines sont rares et menacées. La région est également remarquable sur le plan géologique, avec ses falaises de calcaire qui offrent des paysages spectaculaires et des formations géologiques remarquables.

Malheureusement, la région est menacée par les activités d’extraction de calcaire dans les carrières situées à proximité. Les carrières ont un impact négatif important sur l’environnement, la géologie et les habitants de la région. Les travaux de terrassement perturbent le sol et les nappes phréatiques, entraînant une perte de biodiversité et affectant la qualité de l’eau et de l’air. Les activités de transport nécessaires pour transporter les matériaux extraits ou de remblayage causent des nuisances sonores et une augmentation du trafic, qui affectent la qualité de vie des habitants et les activités économiques locales existantes et futures.

Il est donc crucial de mettre en place des mesures de conservation pour préserver la région et réduire les impacts des activités d’extraction de carrières. Les pratiques d’exploitation doivent être plus durables et les activités de transport réglementées, avec la mise en place de zones tampons autour des carrières et l’application de normes environnementales strictes. Ces mesures peuvent contribuer à réduire les perturbations de l’habitat naturel, préserver la biodiversité, protéger les formations géologiques et améliorer la qualité de vie des habitants de la région. Il est donc de notre devoir citoyen de défendre notre patrimoine naturel et de protéger la Vallée du Geer pour les générations futures.

Marnebel

La carrière de Marnebel est située à Eben-Emael en Belgique, sur le plateau calcaire de la Montagne Saint-Pierre, à proximité de réserves naturelles protégées. Couvrant une superficie d’environ 22 hectares, la carrière est enclavée entre les rivières Meuse et Geer, et a été exploitée depuis les années 1950. Elle est aujourd’hui la propriété de Sibelco et Hermans Marc, qui ont introduit une nouvelle demande de permis d’exploitation en 2022.

Cette demande vise la continuité de l’activité d’extraction, tout en mettant l’accent sur la réhabilitation du site. Cette réhabilitation implique l’ajout d’une grande quantité de matériaux de remblai provenant de sources externes. En ce faisant, des valeurs historiques, géologiques et paléontologiques pourraient disparaître et le potentiel écologique du site ne serait pas valorisé. De plus, l’apport de terres externes nécessiterait un important trafic de camions, jusqu’à 80 mouvements par jour en moyenne pendant 20 ans: c’est inacceptable pour la sécurité et le bien-être des habitants des villages traversés. Des solutions alternatives à la traversée du village ont été envisagées, mais se sont avérées peu réalistes. L’apport de terres externes dans la carrière de Marnebel est donc inacceptable.

CBR Romont

CBR est une filiale du Groupe Heidelberg, producteur multinational de granulats et acteur important dans les secteurs du ciment et du béton prêt à l’emploi.

En septembre 2020, CBR Lixhe a introduit une demande conjointe de modification de plan de secteur et de permis unique pour pouvoir poursuivre l’exploitation de la carrière du Romont. Cette demande porte sur une superficie de ± 110 hectares qui se situe le long de la dorsale d’Eben-Emael et de Zussen (la phase 3). Elle vise à affecter une zone agricole en zone d’extraction. On parle d’une destruction irreversible et polluante de 110ha de terres fertiles dans une zone à grand potentiel touristique et à grande valeur géologique et naturelle dont la zone du Trou-loulou.

Une éventuelle extension de la carrière n’est envisageable que si le CBR respecte les conditions des permis d’exploitation actuellement en vigueur. Or, ce n’est pas le cas. En janvier 2022, notre ASBL a porté plainte officielle auprès du Parquet contre plusieurs infractions. En février 2022, CBR a fait une demande pour modifier les conditions du permis et régulariser certaines infractions de façon tacite. Notre pétition a obtenu plus de 300 signatures de citoyens inquiets, et un recours formel a été introduit auprès des autorités compétentes. Nous continuons à suivre le dossier de près, afin de protéger la qualité de vie et la nature en Vallée du Geer.

Bee Green Wallonia

Bee Green Wallonia a demandé – et obtenu – un permis pour l’exploitation d’une installation d’incinération de déchets de bois sur le site de CBR à Lixhe. Cette centrale électrique est destinée à fournir de l’énergie à la cimenterie.

Ce permis a été accordé en juillet 2023, malgré l’opposition de nombreux citoyens, autorités et organisations en Wallonie, en Flandre et aux Pays-Bas. En septembre 2023, Bien vivre en Vallée du Geer a mené un consortium de 10 parteniares, qui ont soumis un recours au Conseil d’État contre ce permis. Une décision est attendue en 2024.

L’incinérateur brûlera du bois de classe B, une classification qui n’est formellement reconnue en Wallonie. Aucune procédure ni aucun contrôle de qualité indépendant ne garantit l’exclusion du bois imprégné et toxique; la demande d’un tel contrôle de la qualité n’a pas été prise en compte dans le permis accordé.

Les émissions polluantes de l’usine, qui s’ajoutent aux émissions de la cimenterie, auront de graves conséquences pour la santé d’environ trois mille résidents dans le voisinage immédiat, et d’un demi-million de personnes dans une zone plus grande.

Et ce n’est pas notre seule objection au projet :

  1. L’étude d’impact environnemental (EIE) a étudié un périmètre d’uniquement 1.5 à 3km autour de l’incinérateur. En ce faisant, la Flandre et les Pays-Bas se situent presque complètement en dehors de l’étude. Cependant, sous les vents dominants, ce seront surtout les habitants d’Eijsden, de Maastricht, et de Voeren qui respireront la poussière fine et la pollution. L’incinérateur de déchets de bois de Lixhe émettra pas moins de 343 tonnes de polluants atmosphériques par an.
  2. Le site de Lixhe se trouve à seulement 4 à 5 km d’habitats Natura 2000 très vulnérables: des prairies et dunes terrestres, des prairies calcaires sèches, etc. L’impact des dépositions acidifiantes et eutrophiantes sur ces réserves naturelles aux Pays-Bas et en Flandre – à deux pas de Lixhe – n’a pas été évalué de façon appropriée. Pour l’azote, les Pays-Bas imposent un périmètre de 25km au lieu de 3km.
  3. Bee Green Wallonia affirme que l’incinérateur produira de l’énergie « verte » pour la cimenterie de CBR. Un bel exemple de greenwashing, car l’incinération de bois pollué pour produire de l’énergie, est décriée par des scientifiques du monde entier et est considéré un procedé complètement obsolète. Plusieurs pays de l’Union européenne ont maintenant mis fin à ce type de projet énergétique. Quand la Belgique suivra-t-elle?
  4. Sans subventions, Bee Green Wallonia n’est pas économiquement viable. Les certificats verts visé par l’incinérateur de Lixhe représentent un avantage financier indirect pour CBR, multinationale active dans une industrie parmi les plus polluantes du monde. Or, ces subsides – payés par les contribuables – devraient plutôt servir à soutenir des projets d’énergie durable.
  5. Le site CBR de Lixhe est situé sur le canal Albert, un canal qui joue un rôle important dans la production d’eau potable en Flandre. Par exemple, Water-Link à Oelegem extrait l’eau potable du canal pour la région d’Anvers. Et si le canal Albert inonde le site de la CBR? Vous vous souvenez sans doute à quel point nous étions près de ce scénario de catastrophe en juillet 2021. Le risque de pollution, par exemple l’ammoniac, et ses conséquences sur les personnes et l’environnement, n’ont tout simplement pas été évalués dans l’EIE.

Mesurer, c’est savoir: qualité de l’air en Basse-Meuse

En collaboration avec l’université de Maastricht, nous avons débuté en 2024 l’installation de senseurs auprès de nos membres, pour mesures les poussières fines. Vingt senseurs autour de l’usine de CBR publiront en continu les mesures de poussières fines sur ce site web. L’analyse des données sera faite en collaboration avec l’université. À terme, nous pensons ajouter des capteurs pour mesurer le bruit. Plus d’informations suivront.

Les nuisances des carrières

Les carrières du Romont et de Marnebel, situées à proximité d’Eben-Emael, affectent la vie des habitants de plusieurs façons, notamment :

Les nuisances sonores : L’exploitation de la carrière entraîne des niveaux de bruit élevés, ce qui affecte la qualité de vie des habitants des villages avoisinants. Le bruit peut causer des troubles du sommeil, des problèmes de concentration et des troubles de la communication.

Les vibrations : Les activités d’extraction et de transport causent des vibrations qui affectent les structures des bâtiments environnants. Cela peut causer des fissures et d’autres dommages aux bâtiments, ce qui peut affecter la sécurité des habitants et la dévaluation immobilière des maisons situées dans le périmètre de l’exploitation. Les riverains savent qu’actuellement la dévaluation immobilière de leurs biens n’est compensée par aucune indemnité.

La pollution de l’air : Les activités d’extraction polluent l’air par des émissions de poussière et de particules fines, qui peuvent affecter la santé des habitants de la région. Ces particules peuvent causer des problèmes respiratoires tels que l’asthme, la bronchite et les infections des voies respiratoires.

La dégradation du paysage : L’exploitation de la carrière détruit des zones boisées et d’autres habitats naturels, ce qui affecte la biodiversité et le caractère esthétique de la région.

Les impacts sur la circulation : Les activités de transport de la carrière entraînent des congestions de trafic, des ralentissements et des risques d’accidents sur les routes environnantes, ce qui met en danger la sécurité des habitants. Un cycliste a perdu la vie cet été suite à accident avec un camion de carrière.

Les risques environnementaux, sanitaires et de biodiversité associés à l’exploitation des carrières du Romont (CBR) et Marnebel, ont été négligés pendant de nombreuses années. Les demandes de permis d’extension pour ces carrières sont particulièrement alarmantes, car elles impliquent une extension de l’activité d’extraction avec un activité de remblayage avec des terres « externes » qui peuvent contenir des contaminants toxiques tels que des métaux lourds, des hydrocarbures et des produits chimiques.

En ce qui concerne les risques environnementaux, la pollution des sols et des eaux souterraines est l’un des risques les plus évidents associés à cette pratique de remblayage avec des terres externes. Les contaminants présents dans ces terres peuvent s’infiltrer dans les sols et les eaux souterraines, causant des dommages à l’écosystème local, aux ressources en eau potable et à la faune et la flore environnantes.

Du point de vue de la santé publique, les risques de problèmes de santé tels que les cancers, les maladies respiratoires et les troubles neurologiques sont également très élevés, car les contaminants dans les terres externes peuvent être inhalés ou ingérés. Cela peut causer des dommages permanents à la santé des personnes exposées à ces contaminants, en particulier pour les travailleurs des carrières et les résidents locaux.

En outre, l’utilisation de terres externes peut également entraîner des risques pour la biodiversité, car elles peuvent contenir des espèces invasives ou des pathogènes qui peuvent menacer la faune et la flore locales. L’instabilité des remblais est également un risque important, car les terres externes peuvent ne pas être compatibles avec la géologie locale, ce qui peut entraîner des instabilités du remblai et des risques d’éboulement.

Enfin, l’augmentation du trafic routier pour transporter les grandes quantités de terres nécessaires au remblayage peut causer des nuisances sonores, de la poussière et des émissions de gaz à effet de serre, ce qui peut avoir des impacts sur l’environnement et la qualité de vie des habitants locaux.

Dans l’ensemble, il est important de prendre en compte ces risques environnementaux, sanitaires et de biodiversité associés à l’exploitation des carrières du Romont (CBR) et Marnebel, et de trouver des solutions alternatives pour répondre aux besoins de construction et d’infrastructure tout en protégeant l’environnement et la santé publique.

En outre, des garanties doivent être mises en place pour assurer la réalisation de la situation finale, ainsi que pour garantir un développement économique et durable à long terme. Les valeurs écologiques et patrimoniales des sites doivent également être protégées, ce qui implique la mise en place de mesures pour limiter l’impact sur l’environnement.

L’association insiste également sur l’importance d’une réintégration harmonieuse des sites et en particulier avec les villages voisins, pour minimiser les perturbations pour les habitants locaux. Des garanties doivent être mises en place pour assurer le respect des conditions d’exploitation et pour protéger l’aspect rural de nos villages et l’agriculture locale.

En somme, l’association insiste sur le fait que l’extension de la carrière ne peut être envisagée que si toutes ces conditions sont remplies, afin de protéger les intérêts des riverains, de l’environnement et de l’économie locale.